Est-ce le moment d’investir sur les actions chinoises ?

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Mis à jour le 21/06/2021 par alex

Suite au Nouvel An chinois, les investisseurs ont pris leurs bénéfices, fin février. À court terme, des chocs sont toujours possibles, notamment sur le marché domestique des actions chinoises dominé par des actionnaires individuels très versatiles. Mais à plus à plus longue échéance, les spécialistes sont convaincus de l’immense potentiel des actions chinoises.

Les marchés émergents n’ont pas vraiment tenu leurs promesses cette année.

Confiants dans la reprise économique et la relance des chaînes de production mondialisées, les investisseurs s’étaient précipités sur ces marchés lointains. Les Bourses émergentes avaient débuté 2021 en fanfare. En moins d’un mois et demi, l’indice MSCI Emerging Markets s’était adjugé plus de +10 %. Mais la fête semble déjà finie. Depuis ses sommets du mois de février, le MSCI Emerging Markets a perdu l’essentiel du chemin parcouru en début d’année. La chute a été particulièrement sévère sur les marchés chinois, qui font désormais du surplace depuis le 1er janvier. En cause, la brutale remontée des taux d’intérêt américains, qui a détourné les investisseurs de ces marchés réputés risqués.

Aux États-Unis, la campagne de vaccination rapide et l’adoption d’un vaste plan de relance budgétaire ont stimulé la reprise économique. Conséquence : les taux d’intérêt à long terme ont grimpé en flèche, passant de moins de 1% en début d’année à plus de 1,5%. Par un système de vases communicants bien connu, « les flux de capitaux vers les pays émergents semblent se tarir », notent les analystes du FMI. « On craint une répétition du pic de volatilité de 2013 », ajoute l’institution. À l’époque, la perspective d’un coup de frein plus rapide que prévu à la politique de la Fed avait provoqué des sorties massives de capitaux des pays émergents en direction des États-Unis et de l’Europe. Pour éviter ce scénario catastrophe, les banques centrales de Turquie, de Russie ou du Brésil ont récemment relevé leurs taux d’intérêt, tandis que la banque centrale chinoise a maintenu une politique restrictive.

Tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne.

La crise sanitaire a encore creusé les inégalités déjà très fortes qui existaient dans cet ensemble hétérogène. En Amérique latine, la pandémie sévit encore férocement ; l’Inde, qui semblait un temps sortie d’affaire, s’est retrouvée dans une situation sanitaire catastrophique. La Chine sort en revanche considérablement renforcée. Elle a retrouvé le chemin de la croissance dès 2020, laissant toutes les grandes puissances de la planète en récession. Et, pour 2021 l’OCDE table sur une croissance de 8,5% en Chine, après une progression de 2,3% l’an dernier. L’empire du Milieu est aujourd’hui le principal moteur de la reprise mondiale. Il y contribue à hauteur de 40%, contre environ 25% pour les États-Unis. Il est aussi devenu ultradominant dans l’indice des pays émergents. L’Asie représente 79% du MSCI Emerging, la Chine plus spécifiquement environ 37%, l’Inde environ 10%, la Corée 13%, et Taïwan autour de 14%. Il faut bien avoir conscience qu’aujourd’hui miser sur les marchés émergents revient à investir sur l’Asie du Nord et plus spécifiquement sur la technologie chinoise. Un pari qui est loin d’être de tout repos.

L'année 2021 a été jusqu'ici très volatile sur les Bourses chinoises.

Suite au Nouvel An chinois, les investisseurs ont pris leurs bénéfices, fin février. À court terme, des chocs sont toujours possibles, notamment sur le marché domestique des actions chinoises dominé par des actionnaires individuels très versatiles. Mais à plus à plus longue échéance, les spécialistes sont convaincus de l’immense potentiel des actions chinoises. Pour le gérant de fonds d'actions chinoises Allianz GI. Anthony Wong, “l'essentiel est de regarder au-delà de ces épisodes de volatilité, caractéristiques des marchés des actions A de Chine, dominés par les actionnaires individuels”. "Les afflux de capitaux sur les marchés boursiers internationaux se poursuivent et de nombreux investisseurs du monde entier cherchent à accroître leur exposition à la deuxième économie mondiale, les marchés des capitaux chinois s'ouvrant davantage au monde extérieur”, souligne-t-il. Peu corrélé aux autres classes d’actifs, le marché des actions chinoises “présente de bonnes caractéristiques de diversification", ajoute le gérant. Au cours des prochains mois, la Chine devrait “continuer à être prise en étau entre une réglementation active et des politiques économiques plus strictes, d'une part, et des entreprises en pleine santé d'autre part”. Pour Allianz GI, “les revers de marché sont une opportunité de construire des positions à plus long terme”. La crise sanitaire a joué un rôle d’accélérateur pour des tendances déjà bien ancrées en Chine. Elle a considérablement hâté la révolution technologique et modifié en profondeur les habitudes de consommation, mais aussi les relations de travail ou encore les modes de divertissement. À côté des tensions géopolitiques, toujours très vives avec les États-Unis et depuis peu avec l’Europe, la Chine est confrontée à des défis structurels majeurs, tels que le vieillissement de sa population ou la lutte contre le réchauffement climatique. Pour y faire face, elle a engagé de longue date un ambitieux programme de réformes. Il se décline en quatre grands axes qui sont autant d’opportunités d’investissement : la transition écologique, l’évolution des modes de consommation, la technologie, la santé et les innovations médicales. La Chine peut donc créer dans ces domaines les meilleures opportunités d’investissement de la planète pour les dix ou quinze prochaines années, à condition de privilégier une approche de long terme et de savoir sortir des sentiers battus.

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